| Article précédent | Article suivant |
« S’ils n’avaient pas été les plus célèbres sexologues de leur temps, [William Masters et Virginia Johnson] auraient pu ouvrir un club Sado-maso à Tribeca [Manhattan] », s’amuse le romancier Louis Bayard, qui commente dans le Washington Post la biographie de ce tandem haut en couleurs. Gynécologue obstétricien, spécialiste de la fertilité à l’université Washington de Saint-Louis (Missouri), William Masters se lança au milieu des années 1950 dans des recherches sur la sexualité humaine de la façon la plus empirique qui soit : en observant des ébats. L’honorable docteur reçut l’aide de la police des mœurs pour recruter des prostitués, hommes et femmes ; le tout « avec la bénédiction de l’archevêque catholique ». On était loin des questionnaires du fameux Alfred Kinsey, auteur en 1948 d’un rapport fameux sur les mœurs sexuelles des Américains. Masters et son assistante, Virginia Johnson, scrutèrent pas moins de dix mille orgasmes en onze ans, enregistrant et analysant minutieusement « la moindre vibration et le moindre tremblement » de leurs cobayes. De ce travail acharné, naquit en 1966 un livre, Human sexual response, vendu à environ 300 000 exemplaires en quelques mois. En 1970, un second volume suivit. Puis, en 1979, un troisième consacré à l’homosexualité, très controversé. Masters et Johnson, devenus entre-temps mari et femme, affirmaient pouvoir « convertir » des homosexuels à l’hétérosexualité en quelques semaines avec un « taux d’échec » d’un tiers. La droite religieuse ne tarda pas à s’emparer de ces conclusions accréditant l’idée que l’homosexualité résulte d’un choix et non d’une prédisposition. Le corps médical, lui, dénonça un livre basé sur « des études de cas bidons ».
Incrivez-vous pour commenter cet article
Déjà inscrit ? Identifiez vous !
Abonnez-vous au flux RSS Le livre du jour
Histoire de deux sexologues qui étudièrent dans l’Amérique des années 1950 la sexualité en observant les étreintes de couples-cobayes. Non traduit en français
Thomas Maier est auteur et journaliste. Il a notamment écrit un livre sur la famille Kennedy, The Kennedy’s : America’s Emerald Kings (« Les Kennedy : les rois de l’émeraude de l’Amérique »).
En complément à l'article du n°12 de Books « Chatterton, un poète pas si maudit », voici un extrait de l'introduction à la pièce de théâtre Chatterton. Alfred de Vigny y expose sa vision du poète (paru chez Acte Sud et traduit de l'arabe par Hussein Emara et Moïna Fauchier Delavigne). Cet extrait est lu par Clémentine Jouffroy.
La rédaction de BooksJeudi 18 mars 2010 |
Jean-Louis de MontesquiouMardi 16 mars 2010 |
Olivier BomselLundi 15 mars 2010 |
Jeudi 11 février 2010De la publicité sur Wikipédia ! |
Jeudi 14 janvier 2010Les savants islamiques du Moyen Âge |
Mardi 22 décembre 2009Barrière de séparation israélienne |
Books vous invite à faire part de vos suggestions et informations, à donner votre avis sur le site ou le magazine, à poser vos questions sur un livre ou un auteur.
> écrivez-nous