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Numero 11 Janvier-Février 2010

Économie

Le problème, c’est qu’on ne peut pas prévoir !

Il est à la mode de penser que la crise de 2008-2009 a signé l’échec de la théorie économique orthodoxe, selon laquelle les acteurs agissent de manière forcément rationnelle. La réalité est différente : la chute de l’URSS a créé un excès de confiance du monde capitaliste, dont les théoriciens ont oublié les leçons de leurs maîtres.

Dans son premier numéro, sorti en pleine crise financière, Books avait largement exposé le point de vue des économistes comportementalistes, pour qui la théorie enseignée dans les universités du monde entier se fonde sur l’illusion que les acteurs agissent de manière rationnelle (« Crise : l’effet Panurge », Books, no 1, décembre 2008-janvier 2009, p. 18-28). Le livre classique de Robert J. Shiller Irrational Exuberance était analysé avec faveur. Un an après, le paysage s’est un peu éclairci. La thèse de Shiller garde sa force de conviction, soutient le philosophe John Gray, mais elle manque de perspective. Elle néglige l’impact de l’idéologie néolibérale qui s’est imposée après la chute du communisme soviétique. Or cette idéologie a conduit à dénaturer l’héritage des économistes classiques, qui n’ont pas attendu Shiller pour mettre en garde contre les excès du rationalisme dans l’analyse économique.


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