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Numero 11 Janvier-Février 2010

La narcolittérature (2)

Les seigneurs de la rue

Ils meurent jeunes, mais ont de l’argent à ne savoir qu’en faire, des femmes sublimes, des armes modernes et des chemises de soie. Au Mexique, une génération entière rêve de devenir narcotrafiquant.

La drogue et sa violence ont tant pénétré le quotidien du Mexique qu’elles imprègnent aujourd’hui ses représentations culturelles. Voilà longtemps déjà que la « Frontière », cette région proche des États-Unis, au cœur du trafic, a créé une musique à la gloire des narcos et de leur esthétique de vie flamboyante, nihiliste et sanguinaire qui sert de modèle aux jeunes déshérités : le narcocorrido. Désormais, la Frontière a aussi inventé un nouveau genre romanesque : la « narcolittérature » attire une multitude de jeunes auteurs et d’innombrables lecteurs. Même les plus grands écrivains du pays s’emparent du sujet, comme l’atteste le dernier roman de Carlos Fuentes. Mais peut-on vraiment rendre compte d’une réalité qui dépasse la fiction la plus audacieuse, demande le critique littéraire Rafael Lemus ?

Funérailles d’un membre du gang AA (Artistes Assassins). Les jeunes tueurs à gages n’ont pas peur de mourir et vivent chaque jour comme si c’était le dernier. Dans un luxe de chair, de chère, d’alcool et de vanité. © Jérôme Sessini/Œil Public


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