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Numero 11 Janvier-Février 2010

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Une valeur fausse : Hannah Arendt

Hannah Arendt ne mérite pas l’adulation posthume dont elle fait l’objet. Son œuvre ne résiste pas à l’épreuve du temps. En particulier, le rapport complexe qu’elle entretenait avec le peuple juif transparaît dans l’usage douteux qu’elle fait des sources antisémites et nazies.

Pensée décousue voire incohérente, concepts flous, approximations historiques… Le réquisitoire n’est pas tendre : aux yeux de l’historien Bernard Wasserstein, spécialiste de l’histoire juive et israélienne, l’œuvre d’Hannah Arendt, figure majeure de la pensée politique contemporaine, doit être totalement reconsidérée. Prenant au mot celle qui se situait elle-même « quelque part entre l’historienne et la publiciste », il passe au crible sa méthodologie historique, souligne les contradictions de sa pensée sur le totalitarisme et fustige la « perversité » de sa vision du monde. S’il juge louable son rejet du discours apologétique juif, il accuse la philosophe-historienne d’avoir versé dans l’extrême inverse. Son insistance sur la « coresponsabilité » des Juifs s’expliquerait, selon lui, par une « surexposition » à la littérature antisémite et nazie, dont témoigne l’utilisation douteuse qu’Arendt fit de ces sources. Issu d’une conférence, l’article, publié dans le prestigieux Times Literary Supplement, a provoqué un intense débat dans le monde anglo-saxon.

Hannah Arendt photographiée en 1964, au sommet de sa notoriété. La popularité de son travail sur le totalitarisme devait-elle à l’originalité de son propos ou à la manière dont il reflétait certaines préoccupations de son temps ? © Heritage Images/Leemage


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