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Numero 11 Janvier-Février 2010

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Une valeur fausse : Hannah Arendt

Hannah Arendt ne mérite pas l’adulation posthume dont elle fait l’objet. Son œuvre ne résiste pas à l’épreuve du temps. En particulier, le rapport complexe qu’elle entretenait avec le peuple juif transparaît dans l’usage douteux qu’elle fait des sources antisémites et nazies.

Pensée décousue voire incohérente, concepts flous, approximations historiques… Le réquisitoire n’est pas tendre : aux yeux de l’historien Bernard Wasserstein, spécialiste de l’histoire juive et israélienne, l’œuvre d’Hannah Arendt, figure majeure de la pensée politique contemporaine, doit être totalement reconsidérée. Prenant au mot celle qui se situait elle-même « quelque part entre l’historienne et la publiciste », il passe au crible sa méthodologie historique, souligne les contradictions de sa pensée sur le totalitarisme et fustige la « perversité » de sa vision du monde. S’il juge louable son rejet du discours apologétique juif, il accuse la philosophe-historienne d’avoir versé dans l’extrême inverse. Son insistance sur la « coresponsabilité » des Juifs s’expliquerait, selon lui, par une « surexposition » à la littérature antisémite et nazie, dont témoigne l’utilisation douteuse qu’Arendt fit de ces sources. Issu d’une conférence, l’article, publié dans le prestigieux Times Literary Supplement, a provoqué un intense débat dans le monde anglo-saxon.

Hannah Arendt photographiée en 1964, au sommet de sa notoriété. La popularité de son travail sur le totalitarisme devait-elle à l’originalité de son propos ou à la manière dont il reflétait certaines préoccupations de son temps ? © Heritage Images/Leemage


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Les commentaires

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Par Patrick Girard, le dimanche 27 décembre 2009

Je me demande pourquoi Books â cru devoir bon publier cet article de Bernard Wasserstein, médiocre écrivaillon " paroissial", confit dans la culture des clichés et des images d'Epinal, nostalgique d'une vision lacrymale et bêtifiante de l'histoire juive.
Connaissant assez bien pour des raisons familiales et intellectuelles le monde juif allemand dont est issue Hannah Arendt, je ne puis que déplorer ce lot de critiques stupides axées sur une seule affirmation: " Hannah Arendt n'est pas une bonne juive et une bonne sioniste". Comme si cela était un critère disqualifiant...
L'auteur de l'article ignore tout de l'analyse pertinente de Hannah Arendt sur le rôle des Juifs, notamment des Juifs de Cour, dans la construction de l'Etat Nation moderne.
Et ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres, notamment son refus de reconnaître la pertinence de la Wissenschaft des Judentums qui, en dépit de ses imperfections, vaut mieux que la réécriture idéologiquement connotée de l'histoire juive par des Sionistes impénitents.
Quant à l'affaire des Judenrat, Conseils juifs,l'auteur devrait consulter le livre de référence en la matière, celui d'Isaiah Trunk, qui confirme les thèses de Hannah Arendt.
Seule bonne surprise de son texte, les quelques anecdotes sur Gershom Scholem qui avait effectivement la grosse tête mais qui était assez intelligent pour, s'il avait vécu, qualifier cet article de symbole de l'affligeante indigence de l'historiographie juive moderne.
Patrick Girard


 

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