En kiosque


Lien pour vous abonner
Lien pour acheter le numéro actuel

Qui sommes-nous ?

Le projet, l'équipe, on en parle...

Nos partenaires

Compléments

Les compléments web aux articles de Books

Numero 6 - Juin 2009

Cicéron : du bon usage de l'humour par l'orateur

Les Grecs anciens riaient beaucoup, et ce rire en disait long sur eux. Un article du numéro de juin de Books fait écho au livre Greek Laughter (« Le rire grec ») de l'helléniste britannique Stephen Halliwell. Où l'on apprend que Cicéron lui-même n'était pas avare de sarcasmes bien sentis...

Ce genre admet aussi la plaisanterie, avantage précieux pour l’orateur. Il y a deux sortes de plaisanteries : l’enjouement et les bons mots. Il emploiera la première pour raconter agréablement ; la seconde, s’il veut lancer quelques traits, jeter du ridicule. Il y a plusieurs sortes de ridicules ; mais ne perdons pas notre sujet de vue. Nous nous contenterons d’avertir l’orateur de n’user de ridicule ni trop fréquemment : il passerait pour un bouffon ; ni contrairement à la décence : ce ne serait plus qu’un mime ; ni sans mesure : on le croirait méchant ; ni contre le malheur : ce serait de la cruauté ; ni contre le crime : le rire ne doit pas prendre la place de la haine ; ni enfin, sans observer ce qu’il se doit à lui-même, ce qu’il doit à ses juges, ce que demandent les circonstances : car il violerait ainsi les bienséances. Il évitera aussi ces bons mots étudiés, médités à loisir, qu’on apporte tout faits, et qui, la plupart du temps, sont insipides. Il respectera l’amitié, la dignité ; il craindra de faire des blessures mortelles ; il ne s’attaquera qu’à ses adversaires, et encore pas à tous, ni en tout temps, ni de toute manière. À cela près, il emploiera la plaisanterie, et l’assaisonnera de ce sel que n’ont pas nos prétendus attiques, quoique ce soit bien de l’atticisme le plus pur.

Telle est l’idée que je me forme de l’orateur du genre simple, qui n’en est pas moins grand orateur, et véritable attique ; car tout ce qui, dans le style, est piquant et de bon goût, est le propre des attiques : non pas que tous aient de l’enjouement ; Lysias et Hypéride n’en manquent pas, Démade passe pour en avoir plus que tous les autres ; on en accorde peu à Démosthène, quoique, selon moi, il soit le premier pour l’urbanité ; mais peut-être avait-il moins de gaieté que de grâce. De ces deux qualités, la première annonce un esprit plus vif ; la seconde, un art plus savant.

Cicéron, L’Orateur
Texte lu par Clémentine Jouffroy


Get Flash to see this player.


Tous les BookPlus

Incrivez-vous pour commenter cet article

Déjà inscrit ? Identifiez vous !