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Numero 6 - Juin 2009

Rions un peu avec les Grecs...

Près de 300 histoires drôles, dans le plus pur esprit de la Grèce antique : probablement rédigé au IVe siècle, le Philogelos (littéralement l’« ami du rire ») est le seul recueil de ce type connu à ce jour. Quelques passages savoureux lus par Clémentine Jouffroy, en complément de l'article de Books consacré au rire chez les Grecs.

C’est un intellectuel, un chauve et un coiffeur qui voyagent ensemble. Ils bivouaquent dans un endroit désert et décident de faire des tours de veille de quatre heures chacun pour surveiller leurs affaires. C’est au coiffeur que revient la première veille et, pour s’amuser, il rase l’intellectuel pendant son sommeil ; puis il le réveille, une fois son quart terminé. L’intellectuel, en se réveillant, se gratte la tête et s’aperçoit qu’il n’a plus un cheveu. « Ah ! s’écrie-t-il, ce maudit coiffeur s’est trompé au lieu de me réveiller, il a réveillé le chauve. »

C’est un intellectuel qui est l’assistant d’un gouverneur, borgne de l’œil droit. Comme le gouverneur passe dans une vigne et loue la beauté des plants qui se trouvent sur sa gauche, l’intellectuel lui dit : « Au retour, vous verrez, l’autre côté vous plaira aussi ! »

C’est un vantard qui aperçoit son serviteur sur la grand-place, lequel revient tout juste de son domaine de campagne. « Comment vont (tous) nos moutons ? » demande-t-il ; l’autre lui répond : « L’un dort, l’autre pas. »

C’est un Abdéritain qui veut se pendre, mais la corde casse et il se blesse à la tête. Il va alors chercher un pansement chez le médecin, le pose sur sa blessure... et rentre chez lui se pendre.

C’est un Cyméen malade dont le médecin juge le cas désespéré. Mais l’homme guérit, et s’arrange pour éviter le médecin. Comme ce dernier lui demande la raison de son comportement, le Cyméen lui répond : « Comme tu avais déclaré que j’étais un homme mort, j’ai des scrupules à être encore en vie. »

C’est un médecin grincheux et borgne qui demande à un malade : « Comment vas-tu ? – Comme tu vois, répond le malade. – Si c’est comme je vois, réplique le médecin, tu es à moitié mort.  »

C’est un apprenti barbier incompétent qui rase un client de travers et le blesse en lui faisant les ongles. Comme le client l’envoie promener, il s’écrie : « Patron ! il y en a un qui m’empêche d’apprendre ! »

Anonyme, Va te marrer chez les Grecs, Philogelos (Éditions Mille et une nuits, 2008). Traduit du grec ancien par Arnaud Zucker.
Textes lus par Clémentine Jouffroy


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