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Numero 11 Janvier-Février 2010

Salauds d’Anglais !

La guerre menée par les forces de Vichy contre les Anglais fut beaucoup plus rude qu’on ne s’en souvient habituellement. Sait-on qu’à Madagascar, en 1942, les Britanniques mirent cinq mois à venir à bout de l’armée française ? À Dakar, en septembre 1940, les navires français repoussèrent victorieusement la flotte anglaise. En Syrie, en 1941, les avions français aidèrent efficacement la Luftwaffe. Le pilote Pierre Le Gloan, un as, abattit cinq avions anglais. En progressant en Syrie, les troupes britanniques trouvèrent ce graffiti sur un mur : « Attendez un peu, salauds d’Anglais, que les Allemands arrivent. Nous fuyons, bientôt ce sera votre tour. » En novembre 1942, les forces françaises tuèrent 1 500 soldats américains lors du débarquement en Afrique du Nord.


Dès le lendemain de Dunkerque, les Anglais surent à quoi s’en tenir : la plupart des soldats français qu’ils avaient sauvés du siège en mai-juin 1940 demandèrent leur rapatriement en France après l’armistice. La hache de guerre fut déterrée en juillet 1940, quand un commando anglais arraisonna le sous-marin Surcouf, mouillé à Davenport. La bataille s’acheva à la baïonnette. Churchill, pas convaincu par les promesses de Pétain de laisser la flotte hors de portée d’un contrôle allemand ou italien, bombarda les navires français à Mers el-Kébir en juillet 1940, tuant près de 1 300 marins.


La haine de l’Anglais était désormais solidement enracinée. Elle ravivait le souvenir de quantité de batailles passées. Y compris au sommet de la hiérarchie : l’amiral Darlan avait un ancêtre tué à Trafalgar. Ces sentiments étaient alimentés par la conviction, pendant les deux premières années de la guerre, que les Allemands finiraient par l’emporter. Pour Colin Smith, journaliste de guerre devenu historien, la résistance française fut facilitée par le fait qu’une bonne partie des troupes qui firent le coup de feu étaient composées de mercenaires. Beaucoup d’autres étaient simplement acquis à l’idée de défendre leur pays, dirigé par le vainqueur de Verdun.


Une sombre histoire, racontée avec talent et précision, rapportent Christopher Silvester dans le Telegraph et l’historien Max Hastings dans le Sunday Times.

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