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Jardinage

Comment faire du compost : le guide complet étape par étape

Déchets à mettre ou éviter, équilibre azote/carbone, entretien : suivez notre tutoriel pour réussir votre compost maison et obtenir un terreau riche en quelques mois.

Hugo MolletPar Hugo Mollet5 min de lecture
Mains tenant du compost mûr et foncé au-dessus d'un composteur en bois dans un jardin
Mains tenant du compost mûr et foncé au-dessus d'un composteur en bois dans un jardin
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Transformer ses épluchures et ses déchets de jardin en terreau gratuit : c'est tout l'intérêt du compost. Bien mené, il enrichit votre potager, réduit vos poubelles d'un tiers environ et ne demande qu'une poignée de gestes simples. Voici, étape par étape, comment faire du compost réussi, sans mauvaises odeurs ni découragement.

Étape 1 : choisir son composteur et son emplacement

Avant de jeter le moindre déchet, il faut décider du contenant. Trois grandes options existent selon la place dont vous disposez.

  • Le tas libre : simple, gratuit, idéal pour les grands jardins, mais peu esthétique et plus exposé au dessèchement.
  • Le bac (bois ou plastique) : le plus courant, propre et discret, parfait pour un jardin de taille moyenne. Beaucoup de collectivités en distribuent à prix réduit.
  • Le lombricomposteur ou le bokashi : pour les balcons et appartements, sans jardin.

Installez votre composteur à même la terre (pour laisser passer vers et micro-organismes), dans un coin mi-ombragé et facile d'accès même par temps de pluie. Un emplacement en plein soleil assèche le tas, un coin trop humide le détrempe.

Étape 2 : trier les déchets à mettre… et ceux à éviter

Tous les déchets organiques ne se valent pas. Certains nourrissent le compost, d'autres l'acidifient, attirent les nuisibles ou se décomposent mal.

À mettre sans souci Avec modération À éviter
Épluchures de fruits et légumes Agrumes (acides) Viandes et poissons
Marc de café, sachets de thé Pain, restes cuits Produits laitiers
Coquilles d'œufs écrasées Mauvaises herbes montées en graines Huiles et matières grasses
Feuilles mortes, tontes séchées Tailles de thuyas, résineux Déjections d'animaux carnivores
Carton brun, essuie-tout non imprimé Cendres de bois (peu) Plastiques, métal, verre

L'idée : privilégier les matières végétales crues et éviter tout ce qui pourrit en dégageant des odeurs ou attire rats et mouches.

Étape 3 : équilibrer azote et carbone (le secret du succès)

C'est l'étape la plus négligée, et pourtant décisive. Les micro-organismes ont besoin de deux types de matières :

  • Les déchets « verts », riches en azote : épluchures, tontes fraîches, marc de café. Ils sont humides et se décomposent vite.
  • Les déchets « bruns », riches en carbone : feuilles mortes, carton, branchages broyés, paille. Ils sont secs et apportent de la structure.

Un compost trop vert devient une bouillie malodorante ; un compost trop brun reste sec et ne se décompose plus. Visez un mélange d'environ deux tiers de bruns pour un tiers de verts (en volume). Concrètement, dès que vous videz votre seau d'épluchures, recouvrez d'une poignée de feuilles mortes ou de carton déchiré.

Un bon compost, ça se construit en couches : à chaque apport humide, pensez à la couche sèche qui l'accompagne.

Étape 4 : alimenter et aérer régulièrement

Une fois le composteur lancé, l'entretien tient en deux gestes.

  1. Mélanger les nouveaux apports plutôt que de les empiler en strates compactes, pour éviter qu'une couche ne s'asphyxie.
  2. Aérer le tas toutes les deux à quatre semaines, avec une fourche ou un aérateur à manivelle. C'est l'oxygène qui nourrit les « bonnes » bactéries et évite la fermentation puante.

Pensez aussi à réduire la taille des déchets : plus ils sont fragmentés, plus ils se décomposent vite. Coupez les grosses épluchures et broyez les branchages si possible.

Étape 5 : surveiller l'humidité

Le compost doit rester humide comme une éponge essorée : ni dégoulinant, ni poussiéreux. Faites le test en pressant une poignée dans la main.

  • Trop sec (ça s'effrite) : arrosez légèrement et ajoutez des déchets verts.
  • Trop humide (ça ruisselle, ça sent mauvais) : incorporez des matières brunes sèches et brassez pour aérer.

En période de canicule, un arrosage occasionnel maintient l'activité ; sous la pluie, un couvercle ou une bâche évite la noyade.

Étape 6 : récolter un compost mûr

Selon la saison, la taille de votre tas et la fréquence des retournements, comptez 6 à 12 mois pour un compost utilisable. Il est prêt lorsqu'il est :

  • de couleur brun foncé, presque noir ;
  • friable et homogène, sans morceaux reconnaissables ;
  • d'une odeur agréable de sous-bois, jamais aigre.

Récoltez le compost mûr en bas du bac (ou dans le premier compartiment) et remettez les morceaux non décomposés dans un nouveau cycle. Tamisez-le si vous le souhaitez pour un usage en semis.

Comment l'utiliser au jardin

  • En paillage ou griffé en surface au pied des plantes.
  • Mélangé à la terre des plantations (arbres, massifs, potager).
  • Dans un terreau maison, mélangé à de la terre et du sable pour les semis (compost bien mûr uniquement).

Un compost encore jeune (« demi-mûr ») peut servir de paillage d'automne, mais évitez-le pour les semis fragiles : il pourrait les brûler.

En cas de problème : le dépannage express

  • Ça sent mauvais → trop humide ou trop tassé : ajoutez du brun, aérez.
  • Ça ne se décompose pas → trop sec ou trop grossier : arrosez, fragmentez, ajoutez du vert.
  • Des moucherons → des déchets à nu en surface : recouvrez systématiquement chaque apport d'une couche de bruns.
  • Des rongeurs → présence de restes carnés ou cuits : retirez-les et n'ajoutez que du végétal.

Faire du compost, c'est avant tout observer et ajuster. Au bout de quelques mois, ces réglages deviennent un réflexe, et vous obtiendrez un amendement gratuit qui fera toute la différence au potager comme au jardin d'ornement.

Les pratiques de compostage peuvent faire l'objet de règles locales (compostage obligatoire des biodéchets, distribution de composteurs). Renseignez-vous auprès de votre collectivité ou sur les ressources officielles de l'ADEME et de service-public.fr.

Questions fréquentes

Peut-on faire du compost en appartement sans jardin ?

Oui, grâce au lombricompostage. Un lombricomposteur compact accueille des vers de terre qui transforment vos épluchures en quelques semaines, sans odeur si l'équilibre est respecté. Les bacs à composter de balcon ou le bokashi (fermentation) sont d'autres solutions adaptées aux petits espaces.

Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?

Une odeur d'ammoniaque ou de pourriture signale presque toujours un excès de matières humides et azotées (déchets verts) et un manque d'air. Ajoutez des matières brunes sèches (carton, feuilles mortes, broyat), brassez le tas pour le réoxygéner et il retrouvera une odeur neutre de terre.

Combien de temps faut-il pour obtenir un compost utilisable ?

En extérieur, comptez généralement 6 à 12 mois selon la saison, la taille des déchets et la fréquence des retournements. Un compost bien entretenu et régulièrement brassé peut mûrir en 4 à 6 mois ; un tas laissé tel quel demandera parfois plus d'un an.

Faut-il un activateur de compost ?

Ce n'est pas indispensable. Un peu de compost mûr, de terre de jardin ou d'orties suffit à apporter les micro-organismes utiles. Les activateurs du commerce peuvent accélérer le démarrage, mais un bon équilibre carbone/azote et une aération régulière font l'essentiel du travail.

Peut-on composter en hiver ?

Oui, mais le processus ralentit fortement avec le froid car l'activité microbienne diminue. Continuez à alimenter le bac : la décomposition reprendra au printemps. Un composteur fermé et bien rempli garde davantage de chaleur qu'un tas ouvert.

Hugo Mollet
Hugo Mollet

Fondateur & directeur de la publication

Fondateur de Booksmag et directeur de la publication du média. À la tête de la société éditrice IDAX, il pilote la ligne éditoriale et veille à des contenus clairs, utiles et honnêtes.

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