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Immobilier pratique

Frais de notaire : combien payer pour un achat immobilier ?

Frais de notaire dans l'ancien ou le neuf : décomposition détaillée, barème des émoluments, exemples chiffrés et méthode pour estimer le coût réel de votre achat.

Hugo MolletPar Hugo Mollet5 min de lecture
Un couple signe l'acte d'achat de leur logement dans le bureau d'un notaire
Un couple signe l'acte d'achat de leur logement dans le bureau d'un notaire
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« Frais de notaire » : voilà une ligne qui surprend toujours les acheteurs au moment du budget. Comptez en gros 7 à 8 % du prix dans l'ancien et 2 à 3 % dans le neuf. Mais le notaire ne garde qu'une petite part de cette somme : l'essentiel part en impôts. Voici comment ces frais se décomposent, comment les calculer et où ils pèsent le plus lourd.

Le terme « frais de notaire » est trompeur

On parle de « frais de notaire », mais l'expression exacte est frais d'acquisition. Le notaire encaisse une somme globale, puis la répartit entre l'État, les collectivités, divers organismes… et lui-même. Sa rémunération réelle représente souvent moins de 15 % du total.

Ces frais se divisent en trois grandes catégories :

  • Les droits de mutation (les impôts liés à la vente) ;
  • Les émoluments du notaire (sa rémunération réglementée) ;
  • Les débours et frais annexes (sommes avancées pour votre compte).

Sur 100 € de « frais de notaire » dans l'ancien, environ 80 € sont des taxes. Le notaire n'est que le collecteur.

1. Les droits de mutation : la plus grosse part

Aussi appelés droits d'enregistrement ou DMTO (droits de mutation à titre onéreux), ils reviennent à l'État et aux collectivités locales (département et commune).

Dans l'ancien, le taux global tourne autour de 5,8 % du prix de vente dans la majorité des départements. Plusieurs départements ont voté une hausse temporaire, portant le taux un peu plus haut : renseignez-vous sur le taux applicable là où vous achetez.

Dans le neuf (vente en l'état futur d'achèvement, ou logement vendu pour la première fois), les droits de mutation sont fortement réduits — de l'ordre de 0,7 % — car le bien est soumis à la TVA, déjà incluse dans le prix affiché. C'est ce qui explique l'écart important entre neuf et ancien.

2. Les émoluments du notaire : sa rémunération

C'est la part qui rémunère réellement l'étude notariale. Elle est réglementée et identique chez tous les notaires de France : vous ne pouvez pas négocier d'un notaire à l'autre, le barème étant fixé par l'État.

Le calcul se fait par tranches du prix du bien, avec un taux dégressif. À titre indicatif :

Tranche du prix du bien Taux (émoluments HT, ordre de grandeur)
De 0 à 6 500 € ≈ 3,87 %
De 6 500 à 17 000 € ≈ 1,60 %
De 17 000 à 60 000 € ≈ 1,06 %
Au-delà de 60 000 € ≈ 0,80 %

À ces émoluments s'ajoute la TVA à 20 %. Bon à savoir : depuis quelques années, le notaire peut accorder une remise sur la part de ses émoluments correspondant à la tranche la plus élevée, dans une limite encadrée. Pour les biens chers, cela peut représenter quelques centaines d'euros — il est légitime de poser la question.

3. Les débours et frais annexes

Les débours sont les sommes que le notaire avance pour réaliser les démarches : demande de documents d'urbanisme, état hypothécaire, géomètre, frais de cadastre, etc. Comptez généralement 800 à 1 400 € selon le dossier.

S'ajoute la contribution de sécurité immobilière (publication de l'acte au service de publicité foncière), d'environ 0,10 % du prix.

Exemples chiffrés concrets

Voici des ordres de grandeur pour vous repérer. Ces chiffres sont indicatifs et varient selon le département et le dossier.

Bien Prix Frais ancien (≈ 7,5 %) Frais neuf (≈ 2,5 %)
Studio 100 000 € ≈ 7 500 € ≈ 2 500 €
Appartement 200 000 € ≈ 15 000 € ≈ 5 000 €
Maison 350 000 € ≈ 26 000 € ≈ 8 800 €

Un achat ancien de 250 000 € génère ainsi environ 18 750 € de frais : la plus grande partie (autour de 14 500 €) part en droits de mutation, environ 2 600 € pour les émoluments TTC du notaire, et le reste en débours et taxes annexes.

Comment réduire ou mieux maîtriser ces frais

Quelques leviers existent, sans miracle :

  • Déduire le mobilier du prix : meubles, cuisine équipée, électroménager. Leur valeur, justifiée par des factures, n'est pas soumise aux droits de mutation. Restez raisonnable, l'administration peut contester.
  • Distinguer les frais d'agence : si le mandat prévoit des honoraires à la charge de l'acquéreur affichés séparément, les frais de notaire se calculent sur le prix hors honoraires.
  • Acheter dans le neuf : si votre projet s'y prête, l'écart de frais est très net.
  • Demander la remise sur émoluments pour les biens dépassant un certain montant.

Attention en revanche : les frais se calculent sur le prix total, le montant emprunté n'y change rien. Et un apport ne réduit pas les frais — il réduit seulement le crédit.

Quand et comment les payer ?

Les frais d'acquisition sont réglés le jour de la signature de l'acte authentique, par virement à l'étude notariale. Ils ne sont pas inclus dans le prêt « par défaut » : si vous souhaitez les financer, il faut le prévoir explicitement avec votre banque, qui exige souvent un apport couvrant au moins ces frais.

Le notaire procède ensuite à une régularisation dans les mois suivants : si le coût réel s'avère inférieur à l'estimation, il vous reverse la différence.

Pour estimer votre cas précis

Avant de signer, utilisez le simulateur officiel mis à disposition par les notaires de France, qui intègre le taux exact de votre département. Demandez aussi à votre notaire un décompte prévisionnel : c'est gratuit et cela évite les mauvaises surprises au moment du budget global.

L'essentiel à retenir : ces frais ne sont pas « pour le notaire », ils sont en grande partie fiscaux et donc difficilement compressibles. Intégrez-les dès le départ dans votre plan de financement, et non comme une variable d'ajustement de dernière minute.

Ces montants sont donnés à titre indicatif et évoluent régulièrement. Vérifiez les taux applicables sur le site des notaires de France, sur service-public.fr, et rapprochez-vous de votre notaire pour un calcul personnalisé.

Questions fréquentes

Peut-on financer les frais de notaire avec son crédit immobilier ?

Ce n'est pas automatique : par défaut, les frais ne sont pas inclus dans le prêt. Il faut le prévoir explicitement avec votre banque, qui exige souvent un apport couvrant au moins ces frais.

Un apport plus élevé réduit-il les frais de notaire ?

Non. Les frais se calculent sur le prix total du bien, quel que soit le montant emprunté. Un apport réduit seulement le crédit, pas les frais d'acquisition.

Peut-on négocier les frais de notaire ?

Les émoluments du notaire sont réglementés et identiques partout en France : ils ne se négocient pas d'un notaire à l'autre. En revanche, une remise encadrée est possible sur la tranche la plus élevée pour les biens chers — il est légitime de la demander.

Pourquoi les frais sont-ils plus faibles dans le neuf ?

Dans le neuf, le bien est soumis à la TVA déjà incluse dans le prix, et les droits de mutation sont fortement réduits (de l'ordre de 0,7 % au lieu d'environ 5,8 %). C'est ce qui explique l'écart important avec l'ancien.

Récupère-t-on de l'argent si l'estimation était trop élevée ?

Oui. Le notaire procède à une régularisation dans les mois suivant l'achat : si le coût réel s'avère inférieur à l'estimation, il vous reverse la différence.

Hugo Mollet
Hugo Mollet

Fondateur & directeur de la publication

Fondateur de Booksmag et directeur de la publication du média. À la tête de la société éditrice IDAX, il pilote la ligne éditoriale et veille à des contenus clairs, utiles et honnêtes.

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