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Comment devenir astronaute : parcours, sélection et critères

Études, conditions physiques, sélection ESA, entraînement et débouchés : voici le parcours complet et réaliste pour devenir astronaute, étape par étape.

Hugo MolletPar Hugo Mollet5 min de lecture
Candidat astronaute en combinaison bleue pendant un entraînement, visage concentré
Candidat astronaute en combinaison bleue pendant un entraînement, visage concentré
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Devenir astronaute fait rêver, mais ce n'est ni un coup de chance ni une question de pistons. C'est un parcours long, exigeant et étonnamment méthodique, ouvert à des profils plus variés qu'on ne le croit. Voici, étape par étape, ce qu'il faut réellement faire — et savoir — pour viser un siège dans une fusée.

Étape 1 : choisir les bonnes études

Tout commence par un solide bagage scientifique. L'Agence spatiale européenne (ESA) exige au minimum un diplôme universitaire de niveau master (bac+5) dans une discipline pertinente. Les domaines les plus recherchés :

  • Ingénierie (aérospatiale, mécanique, électronique…)
  • Sciences naturelles (physique, biologie, chimie, géologie)
  • Mathématiques et informatique
  • Médecine

Un doctorat n'est pas obligatoire, mais il est fréquent chez les candidats retenus. L'idée n'est pas de cocher une case, mais d'acquérir une vraie expertise : à bord de la Station spatiale internationale, un astronaute mène des expériences scientifiques pointues.

Étape 2 : accumuler de l'expérience professionnelle

Les diplômes ne suffisent pas. L'ESA demande généralement au moins trois ans d'expérience professionnelle après le master. Cette exigence vise à recruter des personnes qui ont déjà fait leurs preuves, dans la recherche, l'industrie, l'aéronautique ou la médecine.

Maîtriser l'anglais est indispensable, et la connaissance d'autres langues (russe notamment) est un plus. Apprendre à plonger, à piloter ou à travailler en environnement extrême peut aussi renforcer un profil.

Étape 3 : remplir les conditions physiques et médicales

Un astronaute doit pouvoir supporter des contraintes physiques intenses : accélération au décollage, apesanteur prolongée, sorties dans l'espace. Les critères médicaux sont donc stricts, sans pour autant exiger un corps de surhumain.

En pratique, on attend :

  • Une excellente santé générale, sans pathologie chronique disqualifiante
  • Une bonne vision (une correction peut être tolérée selon les règles en vigueur)
  • Une condition physique solide, endurance et coordination
  • Un équilibre psychologique à toute épreuve

Depuis peu, l'ESA a aussi ouvert un programme dit de « para-astronaute » pour étudier l'inclusion de personnes en situation de handicap, signe que les critères évoluent.

Étape 4 : réussir la sélection ESA

Les campagnes de recrutement de l'ESA sont rares : il peut s'écouler plus de dix ans entre deux sessions. Quand elles s'ouvrent, elles attirent des dizaines de milliers de candidatures pour une poignée de postes. Le processus s'étale sur plusieurs mois et comporte plusieurs filtres successifs.

Phase Ce qui est évalué Taux d'élimination
Dossier de candidature Diplômes, expérience, langues Très élevé
Tests psychotechniques Mémoire, logique, concentration, multitâche Élevé
Tests psychologiques et en groupe Gestion du stress, esprit d'équipe Moyen
Examens médicaux Aptitude physique complète Moyen
Entretiens finaux Motivation, personnalité, adéquation Faible mais décisif

À chaque étape, les candidats sont écartés. Au bout du compte, quelques personnes seulement intègrent le corps des astronautes, parfois rejointes par une « réserve » mobilisable plus tard.

Sur des milliers de candidats, seuls quelques-uns deviennent astronautes : la sélection ressemble moins à un concours qu'à un long entonnoir où chaque qualité compte.

Étape 5 : suivre l'entraînement de base

Être sélectionné ne signifie pas partir dans l'espace. Commence alors une formation initiale d'environ un an, suivie d'années d'entraînement spécialisé. Au programme :

  • Connaissance des systèmes de la Station spatiale internationale
  • Apprentissage des langues, notamment le russe
  • Entraînement à l'apesanteur (vols paraboliques, piscine géante pour simuler les sorties extravéhiculaires)
  • Survie en milieu hostile, plongée, robotique, médecine d'urgence

Les astronautes s'entraînent sur plusieurs continents, entre l'Europe, les États-Unis, la Russie et le Japon. La patience est de mise : il n'est pas rare d'attendre de nombreuses années avant une première affectation à un vol — et certains ne volent jamais.

Étape 6 : explorer les débouchés (et les alternatives)

Les places officielles sont rarissimes. Mais l'écosystème spatial offre de nombreuses voies pour travailler « autour » de l'exploration sans être soi-même astronaute :

  • Ingénieur ou chercheur dans les agences spatiales (ESA, CNES) ou l'industrie
  • Médecin spatial, spécialiste de la physiologie en apesanteur
  • Contrôleur de mission, instructeur, planificateur d'expériences
  • Acteur du « New Space » privé, en plein essor

À noter : l'arrivée d'entreprises privées et du tourisme spatial change peu à peu la donne, mais les vols restent extrêmement coûteux et réservés à très peu de personnes.

Faut-il vraiment se lancer ?

Soyons honnêtes : statistiquement, les chances de devenir astronaute sont infimes. Mais le parcours qui y mène — excellence scientifique, rigueur, forme physique, ouverture internationale — construit des carrières passionnantes même sans décollage. Le meilleur conseil n'est pas de « viser l'espace à tout prix », mais de bâtir un profil solide dans un domaine qui vous anime. Si une campagne de sélection s'ouvre, vous serez prêt. Sinon, vous aurez quand même un métier qui a du sens.

Les critères de sélection, conditions médicales et rémunérations évoluent à chaque campagne. Vérifiez toujours les informations sur les sites officiels de l'ESA et du CNES avant de vous lancer.

Questions fréquentes

Faut-il être pilote de chasse pour devenir astronaute ?

Non, ce n'est plus une obligation en Europe. L'ESA recrute surtout des scientifiques, ingénieurs et médecins. Une expérience de pilote reste un atout, mais la majorité des astronautes européens viennent de la recherche ou de l'ingénierie.

Y a-t-il une limite d'âge pour postuler ?

L'ESA ne fixe pas de limite stricte, mais les candidats retenus ont en général entre 27 et 50 ans. Il faut surtout pouvoir justifier d'un diplôme et de quelques années d'expérience professionnelle, tout en restant en excellente condition physique.

Faut-il une vue parfaite ?

Une bonne vision est requise, mais une correction (lunettes ou opération comme la chirurgie réfractive) peut être acceptée selon les critères médicaux en vigueur. Les exigences sont précisées lors de la campagne de sélection ; mieux vaut consulter les annonces officielles de l'ESA.

Un Français doit-il forcément passer par l'ESA ?

Pour un Européen, l'ESA est la voie principale, en lien avec le CNES en France. Il est aussi possible de viser la NASA, mais cela suppose en général la nationalité américaine. Des sociétés privées émergent également, avec leurs propres critères.

Combien gagne un astronaute ?

Un astronaute de l'ESA est un fonctionnaire international rémunéré selon une grille européenne, avec un salaire confortable comparable à celui d'un cadre supérieur. Le montant varie selon le grade et l'ancienneté ; consultez les sources officielles pour les chiffres à jour.

Hugo Mollet
Hugo Mollet

Fondateur & directeur de la publication

Fondateur de Booksmag et directeur de la publication du média. À la tête de la société éditrice IDAX, il pilote la ligne éditoriale et veille à des contenus clairs, utiles et honnêtes.

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